Profiling the finalists of the Social Finance Awards 2012: Tonya Surman.

En français

Tonya Surman considers herself a serial social entrepreneur. Raised by hippies, the Executive Director of the Centre for Social Innovation (CSI) has come a long way since beginning her first startup at age 19. However, her dedication to changing the world has always been at the centre of her work in catalyzing community-based social innovation.

So, in 2010, when Tonya set her sights on acquiring a second CSI location in Toronto’s Annex neighbourhood, she knew she had to think big. She needed to finance a $6.8 million purchase of a heritage building that would expand CSI’s popular shared workspace program. With only $50,000 in accumulated surplus, Tonya turned to CSI’s biggest asset—its community.

What she did next

Tonya helped conceptualize, create and implement an innovative financial tool called a Community Bond. This bond provides unaccredited and qualified investors with an opportunity to earn a 4% annual return over five years on their portfolios, while generating social and environmental returns. While the bond was issued in a series of three classifications, it required a minimum $10,000 investment secured against the value of the building.

“The idea for the Community Bond came from a fundamental, deep desire to find ways for our members to become investors and champions,” says Tonya. “I come from the non-profit sector, and I’m tired of begging. Impact investing simply became a strategy to [acquire] the building.”

By relying on the social enterprise’s strong network of supporters, cultivated over six years of operation, Tonya and her team turned CSI’s social capital into financial capital. Within six months, they had raised $2 million and purchased the building, which now houses 300 social purpose organizations. With the launch of http://communitybonds.ca, Tonya wants other non-profits to re-purpose the Community Bond as a viable financial tool for their own organizations.

The innovation: CSI Community Bond

A key innovative factor was making Community Bonds RRSP-eligible investments, allowing unaccredited investors to transfer any existing RRSP funds into a self-directed RSP through which they could purchase a bond. This broadened the pool of investors who could afford the financial product.

Through 50 investors, CSI was able to finance a green retrofit of the new building, resulting in an annual reduction of 98 tonnes of greenhouse gas emissions. The new space also houses a local food café, weekly farmer’s markets and thousands of community events. The enterprise expanded into a 10,000-square-foot space in Toronto’s Regent Park this year and is planning a fourth location in New York City.

The future of impact investing

“I actually think non-profit organizations have been managing multiple bottom lines more effectively than business for generations because they have to manage such complicated deliverables,” notes Tonya. “But I think they are risk adverse. If even 5% of the non-profits across this county could rip off this idea and build their hospice or their community recreation centre or their hockey rink with community bonds, there’s an opportunity to engage citizens in being a part of the solution.”

The next challenges are moving the Community Bond beyond real estate–backed investments and engaging CSI in bringing micro-entrepreneurship into the social enterprise space. One of the biggest barriers in impact investing, says Tonya, is that the current financial system hasn’t adapted or made financing accessible to what is needed on the ground, which is micro-loans and micro-investments for the seed startup stage.

“If we’re going to build legitimacy in impact investing, we need to back winners and build a resilient history of good investments,” says Tonya. “We need to look at how we’re leveraging talent of more mature entrepreneurs and connecting to the new ideas of the next generation.”

Setting the rate for the Community Bond, for example, meant letting the market set the valuation on social capital. The challenge came with dealing with investors who felt the 4% return was too low. “The opportunity with social finance is not about how people can make more money in this new vertical—although I think a lot of people are attracted to it,” says Tonya. “The real opportunity is to ground us to what matters as humans. It’s not about scale or the IPO,” she explains.

By creating a flat rate of 4% return on investment, the series structure enabled CSI to stagger its repayments over a longer and more sustainable period of time. It also allowed for members of the CSI to invest in the same space they would be using.

And that’s where Tonya feels the future of impact investing lies—in capacity building. By creating tools such as Community Bonds, her hope for individuals and organizations entering the space is to mobilize citizens to foster change in their own communities. Patience and lowered expectations are paramount to long-term success.

“Social finance is a tool to get you to the impact you want to see in the world,” explains Tonya. “It will only really thrive when we have more good business models to invest in.”

“That’s what community wealth is all about,” she continues. “A good idea has to exist regardless of whether everyone is saying it’s not possible. I’m just a steward.”

***

En nomination : Tonya Surman, directrice générale du Centre pour l’innovation sociale (CSI)

Tonya Surman se décrit comme une entrepreneure sociale en série. Directrice générale du Centre pour l’innovation sociale (CSI), Surman a réalisé un long parcours depuis qu’elle a lancé sa première entreprise à l’âge de 19 ans. Élevée par des parents hippies, tout au long de sa carrière, elle fut guidée par son irréductible engagement à changer le monde; elle se veut un catalyseur de l’innovation sociale résolument ancrée dans la communauté.

Aussi, lorsqu’elle se mit dans la tête d’acquérir un second endroit pour CSI dans le quartier Annex de Toronto en 2010, elle savait qu’elle devait viser haut. Surman devait financer l’achat d’un édifice patrimonial de 6,8 millions $ afin de permettre l’expansion du très populaire programme d’espaces de travail partagés de CSI. Avec seulement 50 000 $ en surplus accumulés, Surman fit appel au plus grand actif de CSI : la communauté.

Ce qu’elle fit ensuite

Tonya a aidé à conceptualiser, créer et mettre en oeuvre un outil financier novateur : l’obligation communautaire. Ce type d’obligation offre à des investisseurs qualifiés et non accrédités l’occasion d’ajouter à leur portefeuille un revenu de quatre pour cent par année sur une période de cinq ans tout en générant un rendement social et environnemental. Le certificat d’obligation fut émis en trois séries de classification différente, il exigeait un investissement minimal de 10 000 $ et est adossé à la valeur de l’édifice.

“L’idée derrière l’obligation communautaire provenait d’un désir sincère et profond de fournir l’occasion à nos membres de devenir des investisseurs et des champions. Je suis issue du secteur à but non lucratif et je suis tannée de quémander. Cet investissement était tout bonnement une stratégie pour acquérir l’édifice”, déclare Surman.

En se basant sur un solide réseau de supporteurs bâti au cours des six années d’existence de l’entreprise sociale, Surman et son équipe ont transformé le capital social de CSI en capital financier. En moins de six mois, ils ont levé 2 millions $ et acheté l’édifice qui aujourd’hui héberge 300 organismes à vocation sociale. En lançant communitybonds.ca, Surman veut que d’autres OBNL s’approprient l’obligation communautaire et en fassent un outil financier viable pour leur propre organisation.

L’innovation : l’obligation communautaire de CSI

Un élément clé innovateur fut de rendre l’obligation communautaire éligible au REÉR. Ceci permettait aux investisseurs non accrédités de transférer des fonds d’un REÉR existant vers un REÉR autogéré, au moyen duquel ils pouvaient acheter l’obligation. Cette approche permit d’élargir le bassin d’investisseurs pouvant se permettre d’acquérir un tel produit financier.

Avec l’appui de 50 investisseurs, CSI a aussi financé la rénovation verte du nouvel édifice. Ce qui permit une réduction annuelle de 98 tonnes d’émission de gaz à effet de serre. Le nouvel espace abrite également un café offrant des produits de proximité, un marché fermier hebdomadaire et des milliers d’événements communautaires. L’entreprise a pris de l’expansion encore cette année en aménageant un nouvel espace de 10 000 pieds carrés dans le quartier Regent Park de Toronto. On prévoit bientôt établir un quatrième espace, à New York cette fois.

L’avenir de l’investissement d’impact

Tonya fait remarquer : “Je crois sincèrement que, depuis des générations, les organismes à but non lucratif ont appris à gérer des résultats finaux multiples de manière plus efficace que les corporations parce que ces organismes gèrent des livrables tellement plus complexes. Je crois par contre qu’ils sont allergiques au risque. Si seulement cinq pour cent des OBNL à travers le pays pouvaient se débarrasser de cette idée et construire leur propre établissement de soins ou leur centre de loisirs communautaire ou leur aréna en utilisant les obligations communautaires, ce serait là une excellente occasion de faire en sorte que les citoyens fassent partie de la solution.”

Le prochain défi sera d’amener l’obligation communautaire vers un terrain autre que l’investissement adossé à l’immobilier. Le prochain objectif de Surman est d’amener les micro-entrepreneurs au sein de l’espace de l’entreprise sociale. “L’un des principaux obstacles en investissement d’impact”, dit-elle, “c’est que le système financier actuel ne s’est pas adapté ou ne rend pas le financement accessible à ce qui est vraiment nécessaire sur le terrain : le micro-financement et les micro-investissements qui fourniraient les capitaux d’amorçage nécessaires.”

“Si nous voulons créer de la légitimité en investissement d’impact, nous devons soutenir les gagnants et bâtir un historique d’investissements rentables. Nous devons examiner comment nous pouvons recruter les talents d’entrepreneurs plus matures et leur permettre de se connecter aux idées de la nouvelle génération.”

Pour établir le taux de rendement de l’obligation communautaire, par exemple, il a fallu qu’on laisse le marché estimer la valeur du capital social. Le défi rencontré provenait des investisseurs qui croyaient qu’un rendement de quatre pour cent n’était pas suffisant.

“L’opportunité en finance sociale n’est pas tant de savoir comment les gens peuvent faire davantage d’argent avec cette nouvelle approche, bien que je crois que plusieurs s’y sentent attirés. La véritable opportunité est de nous connecter à ce qui est important pour nous en tant qu’humains. Ce n’est pas une question d’échelle ou de leur niveau d’introduction sur le marché (IPO)”, de dire Surman.

En établissant un taux fixe de quatre pour cent, la structure de l’émission a permis à CSI d’étaler ses remboursements sur une période de temps plus longue et plus viable. Cela a également permis aux membres de l’endroit d’investir dans l’espace même qu’ils allaient utiliser.

Et, selon Surman, c’est là que réside l’avenir de l’investissement d’impact : le renforcement des capacités. En créant des outils comme l’obligation communautaire, elle nourrit l’espoir que les individus et les organisations qui emménagent dans les espaces contribueront à mobiliser les citoyens et généreront du changement au sein de leur propre communauté. La patience et des attentes moins élevées sont essentielles pour le succès à long terme.

“La finance sociale est un outil pour vous amener à créer l’impact que vous voulez voir se réaliser dans le monde. Elle ne prendra véritablement son essor que lorsque nous aurons davantage de bons modèles d’entreprises dans lesquelles investir”, déclare Surman.

“C’est là toute la question de la richesse communautaire. Une bonne idée doit prendre racine peu importe que les gens autour disent que c’est irréaliste. Je ne suis qu’une intendante.”